Passionnée de joutes depuis sa plus tendre enfance, c’est à l’aune de ses 40 ans que Faustine Boudou-Gueuse se décide enfin à monter sur la tintaine pour devenir chevalière à son tour. En seulement trois saisons, elle s’est forgée un palmarès et une réputation qui forcent le respect. Pour autant, il reste encore quelques rêves à accomplir…

Née le 19 mars 1986 à Sète, Faustine grandit à Frontignan la Peyrade, dans la cité Châteaubriand. Elle fréquente les bancs de l’école Les Terres blanches, puis du collège Les Deux pins. C’était une enfant qui n’avait peur de rien se rappelle sa maman Marie-Josée.
Après le collège, Faustine commence à travailler dans la restauration. À 24 ans, elle devient gendarme, dans le Cantal. Mais elle revient à Frontignan la Peyrade cinq ans plus tard car nous étions en train de perdre ma grand-mère. C’est là qu’elle renoue avec sa passion pour le billard et devient championne régionale trois années consécutives.
Parallèlement, elle travaille dans un supermarché de Sète, où elle rencontre sa future femme et mère de sa fille, Mayana, aujourd’hui âgée de sept ans.
Issue d’une famille de jouteurs, de son papy, Gérard Boudou, vainqueur de la coupe François-Encontre en 1965, en passant par son père Jean-Marc Gueuse, ses cousins agathois ou encore son célèbre ex beau-père, Alain Massias, notamment vainqueur de la Saint-Louis en 1986, Faustine à toujours baigné dans l’univers des chevaliers de la tintaine. Même ma mère a jouté ! Même si c’était par défi. Pour autant, quand Faustine, encore enfant, émet le souhait de revêtir elle aussi la tenue blanche, la réponse maternelle est catégorique : C’est non !
Malgré les années, l’envie ne s’estompe pas, bien au contraire. En 2024, fidèle supporter ventre bleue dans les tribunes d’un tournoi frontignanais, Faustine, accompagnée de sa mère et de son amie Stéphanie, secrétaire de la Société des jouteurs frontignanais (SJF), réitère son envie de se lancer. Si Marie-Jo reste réticente, Stéphanie lui fait immédiatement prendre sa licence. Alors âgée de 39 ans, c’est décidé, Faustine entame enfin SON aventure et devient chevalière de la tintaine au cours d’une saison qui ne comptait plus que trois tournois à disputer. Je monte sur la troisième marche du podium du challenge féminin des Ventres Bleus à Frontignan et je remporte ma première victoire lors du challenge féminin Guy Combes à Valras-Plage. Seul le tournoi de Caramus m’échappe.
L’année suivante, à 40 ans, elle gagne les tournois de la féria de Nîmes, du défilé du port de pêche au Grau-du-Roi, d’Aigues-Mortes et de l’ouverture des juniors à Mèze. Elle poursuit son ascension au tournoi des Ventres Bleus en terminant cette fois ci sur la deuxième marche.
Cette année, elle a remporté la Saint-Pierre de Valras face à un homme, puis le tournoi du 14 juillet de Frontignan, et est enfin parvenue sur la plus haute marche du podium lors du tournoi des Ventres Bleus, un vrai bonheur.
Désormais l’objectif est clair : Je veux participer à la Saint-Louis ! La remporter serait le Graal ! même si pour cela, il faut malheureusement s’inscrire au sein d’une des sociétés sétoises, seules habilitées à faire concourir leurs sociétaires pour le plus célèbre des tournois. Je préférerais représenter ma ville, explique Faustine avant de poursuivre : Je veux aussi plus de tournois féminins, plus de pratiquantes et qu’on intègre officiellement la ligue. J’y travaille, à titre perso mais aussi pour les générations futures de jouteuses.
À plus long terme, la jouteuse n’exclut pas de s’atteler au côté administratif lorsqu’elle ne montera plus sur la tintaine. En attendant, rendez-vous dès la saison prochaine pour la voir jouter.

