Du 28 au 30 septembre, une équipe pluridisciplinaire de scientifiques réalise une première phase de tests archéologiques pour préparer une plus ample intervention à venir, à la recherche de traces d’une très lointaine présence humaine sur la plage.

Au droit de l’impasse du Front de mer (accès 25), une équipe de chercheuses et chercheurs s’active sur la plage. Trois jours durant, ils et elles effectuent des tests méthodologiques et des carottages afin de détecter d’éventuelles traces de présence humaine qui pourrait dater du néolithique, soit aux environs de 6000 à 2200 ans avant notre ère.
La genèse de cette action
En janvier 2026, l’archéologue Claire Manen, directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), responsable du laboratoire Traces à Toulouse, spécialiste de la préhistoire et de la céramique néolithique, découvre avec l’archiviste municipale, responsable du patrimoine, Carole Briffaud, la collection de tessons de poteries cardiales conservées dans les réserves, près de 600 pièces dont une partie est visible au musée municipal.
Ces vestiges néolithiques avaient été rejetés par la mer au début des années 2000, découverts par les habitantes et habitants du quartiers et n’avaient, jusqu’alors, pas fait l’objet de recherches archéologiques. Stupéfaite de cette découverte, elle a réuni une équipe d’éminents scientifiques autour d’elle, notamment Benoît Devillers, géomorphologue, maître de conférence à l’Université Paul Valéry de Montpellier, membre du laboratoire Archéologie des Sociétés Méditerranéennes (ASM) et directeur de l’équipe Archéologie des Milieux et des Ressources (AMR), Thibault Lachenal, protohistorien, céramologue, plongeur professionnel, chargé de recherche au CNRS, Frédéric Leroy, conservateur du patrimoine, directeur adjoint du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM) et Clothilde Melon, doctorante.
C’est cette incroyable équipe qui associe les diverses compétences de chacune et chacun pour dégager des pistes de recherches plus approfondies afin de comprendre l’environnement de la plage, l’évolution du paysage et les éventuels témoignages de la présence humaine en des temps très reculés.
En pratique
Pour ce faire, l’équipe effectue des carottages, à l’aide d’une tarière, puis avec des mécaniques plus puissantes, carottiers à percussion, afin de recueillir des prélèvements à plus de 3 mètres sous le niveau de la mer. « On espère que ces tests seront probants et qu’ils pourront déboucher sur des investigations plus larges dans un avenir proche, pourquoi pas un prolongement subaquatique » explique Frédéric Leroy. « Pour l’instant, nous sommes à 3 mètres sous le niveau de la mer, l’idée est d’aller jusqu’à 9 mètres » précise Benoît Devillers.
À l’issue de cette première phase d’investigation, des analyses seront réalisées et un rapport de prospection sera rendu. Selon ce que ces scientifiques trouveront dans les prélèvements – coquilles, végétaux, graines, pollens, restes de charbon de bois…- l’équipe déterminera des pistes pour la suite des recherches. A suivre donc.
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