Enfant de Frontignan la Peyrade, Jean-Claude Ferrier est devenu au fil du temps une figure incontournable du judo dans la cité muscatière. Lui-même ceinture noire 5e dan, il a formé des générations de championnes et champions et continue à transmettre avec abnégation son savoir sur les tatamis.
Président et enseignant dans l’association Judo Kwaï Frontignan qu’il a cofondée, affichant près de 60 ans de pratique et riche d’une famille qui l’a accompagné dans sa passion, Jean- Claude Ferrier conserve toujours la même envie de monter sur le tatami pour y transmettre son art.
Son père, épris d’art pictural et à la tête de l’entreprise familiale de peinture Ferrier Frères, travaille pour La Mobil où s’était monté un club de judo. La mère de Jean-Claude Ferrier présente son fils à Alexandre Dell’Ova, à cette époque professeur de judo et futur fondateur du club d’Aïkibudo de la ville. Jean- Claude Ferrier est alors âgé de 10 ans. C’est le déclic : « Je n’étais pas un grand compétiteur mais je gagnais confiance en moi. Je ne me suis plus jamais arrêté. » Les années passant, sa passion pour le judo ne cesse en effet de grandir avec lui. Les conditions sont pourtant rudimentaires : toile de jute, carton et paille font office de tatami.
Les débuts du Judo Kwaï Frontignan
À la fermeture de la raffinerie, Jean-Claude Ferrier et Jean- Louis Chabanon, qui s’y étaient rencontrés, scellent la création de l’association Judo Kwaï MJC – pour Maison de la Jeunesse et de la Culture où les cours se déroulaient. « On a bourlingué à droite et à gauche dans toute la France », se remémore le judoka qui parcourait le pays avec son alter ego pour participer à des stages de judo. C’est là qu’ils rencontrent Hiroshi Katanishi (8e dan) et par la suite, Tatsuto Shima (5e dan), deux judokas japonais avec qui Jean-Claude Ferrier est resté en contact depuis 40 ans. Aux prochaines vacances de Pâques,le duo sera ainsi de nouveau invité à Frontignan la Peyrade pour un week-end de stage.
« Je ne peux dissocier ma famille du judo »
En 1992, l’association prend son nom actuel, Judo Kwaï Frontignan et ses deux fondateurs poursuivent leur bonhomme de chemin. Mais sept ans plus tard, Jean-Claude Ferrier perd son ami : « Je me suis retrouvé un peu orphelin. » Une disparition qui le touche forcément au coeur. Grâce à l’engagement de ses proches à ses côtés, Jean-Claude Ferrier continue son rêve de judo et passe ses diplômes pour devenir enseignant. Son épouse Sylvie, trésorière de l’association, l’épaule dans l’administratif et la logistique : « Elle est le socle de la famille et du judo. Nos deux fils ont également vécu dans ce microcosme. » En effet, Laurent et Fabien ont eux aussi revêtu le kimono. Le premier, ceinture noire 2e dan, assure la communication du club et a été président de l’association. Le second, ceinture noire 3e dan, a été sacré deux fois champion de France en troisième division. Jean-Claude Ferrier accompagne également durant 20 ans Julien Taurines qui décrochera la médaille de bronze aux Jeux paralympiques de Pékin en 2008. De même, de nombreux autres talents seront formés au sein de l’association à l’instar du multiple champion Driss Masson qui a rejoint l’Insep.
Le judo, une culture à part entière
Jean-Claude Ferrier transmet encore aujourd’hui son savoir et sa technique aux plus jeunes. En juin, quatre nouveaux professeurs du club recevront leur diplôme. Une fierté pour le judoka. S’il arpente toujours les tatamis en tant qu’enseignant, il est également juge régional pour le passage de grade de ceinture noire et juge de kata sportif. Malgré sa maîtrise et son expérience, il aime à dire qu’il est « un éternel apprenant ». C’est peut-être cet état d’esprit-là qu’il tente de transmettre depuis toutes ces années : l’humilité, le respect de l’autre, mais aussi la faculté de progresser ensemble. Autant de valeurs au fondement du judo, une discipline qu’il considère être bien plus qu’un sport. À ses yeux, il s’agit d’une culture, d’une philosophie de vie à la fois pour le corps et l’esprit où chaque mouvement a son histoire. C’est pourquoi, au-delà de la compétition, il répète que « chacun peut trouver sa voie dans le judo, entre l’arbitrage, les katas et le combat ».

