Monique Nicque anime des ateliers d’écriture depuis 2011 à Frontignan la Peyrade. Professeure de français dans une première vie, elle se spécialise par la suite dans les cours d’alphabétisation et d’expression écrite. Son parcours et la création de La Fabrikulture confirment chaque jour sa vocation pour guider et faire émerger de nouvelles plumes.
Monique Nicque se consacre depuis 15 ans à La Fabrikulture dont elle est la cofondatrice avec Carole Souzy, puis la présidente d’honneur à partir de 2025. Si Bernard Brillant a pris, en effet, le relais sur la présidence de l’association, l’ancienne professeure de lettres n’en reste pas moins aussi impliquée que passionnée. Mais remontons à la genèse de l’histoire. D’origine Montalbanaise, Monique adore lire aussi loin qu’elle s’en rappelle. En outre, le rugby est une passion qui se vit en famille. Avec son père, elle regarde tous les matches en noir et blanc : « Je me demande bien comment on parvenait à différencier les équipes à l’écran », s’interroge-t-elle, les yeux rieurs. Elle s’initiera même à la pratique, entrainera une équipe, proposera l’aide aux devoirs aux jeunes sportifs et éditera une gazette d’après match. Ses quatre fils manieront également le ballon ovale et le plus jeune, Martin, en fera son métier. Après avoir côtoyé l’École de rugby de Frontignan, il tient aujourd’hui l’A.k.d.mie des Buteurs en tant que coach sportif.
Rencontre décisive
Mais n’allons pas trop vite en besogne. Monique déménage d’abord à l’adolescence à Beauvais où elle est scolarisée dans un collège dont les élèves revêtent la blouse beige, sauf elle, munie d’une blouse rose. L’anecdote aurait pu s’arrêter là, mais c’est aussi à Beauvais que sa professeure de français se révèle être… Line Cros : « Elle n’avait pas son pareil ou plutôt « sa pareille » pour provoquer des vocations. » Elle retrouvera la championne d’orthographe et créatrice de la dictée noire du FIRN, des années plus tard à Frontignan la Peyrade, signature du hasard. De retour dans le Midi, devenue à son tour professeure de français et mariée à André, Monique mène une vie de famille bien remplie. Après une première partie de carrière dans l’enseignement à Montpellier, elle se forme à l’alphabétisation et à l’animation d’ateliers d’écriture. Cela lui permettra de créer l’association Concerthau à Sète, puis La Fabrikulture, exclusivement consacrée aux ateliers d’écriture qu’elle veut gratuits et qui s’exportent dans la cité muscatière, où elle et son mari décident de s’installer dans les années 2000.
Le rire pour muse
Son mémoire de fin d’études, qui portait le titre Rire et écrire, annonçait déjà l’état d’esprit de ses groupes d’écriture : « Mes ateliers sont placés sous l’égide du rire. » En effet, l’idée n’est pas tant de mener une introspection que d’explorer son imaginaire et de prendre plaisir à écrire. Monique nous donne sa méthode qui est aussi celle confirmée par sa formation : elle répond au sujet en même temps que les participants. À cela, elle ajoute sa plume peuplée d’incongruités, de personnages outranciers et de langage fleuri sans oublier la chute qu’elle précipite autant pour ses personnages que pour la fin du récit. « Quand j’écris, je force un peu les traits. Cela libère les gens dont l’écriture évolue vers plus de fantaisie. C’est une manière d’échapper à la rumination. »
Aujourd’hui, l’amoureuse des lettres oeuvre toujours au sein de La Fabrikulture, préparant les ateliers, piochant les sujets dans sa grande bibliothèque, corrigeant et mettant en forme les textes, publiant les écrits – concours de nouvelles noires du FIRN et autres oeuvres parfois illustrées – en version papier et sur le blog de l’association. Les ateliers d’écriture au musée municipal et lors d’expositions enrichissent encore l’exercice : « Entrer en contact avec les artistes, utiliser leurs oeuvres pour générer des textes, c’est très inspirant. » Si vous manquez justement d’inspiration, suivez la devise de Monique, empruntée à l’un des ouvrages de Michèle Pedinielli : « Et démerde-toi avec ça ! » Formule qu’elle aime aussi glisser avec humour aux participants avant qu’ils ne se lancent, stylo en main. Vous relevez le défi ?

