C’est une date importante pour la ville de Frontignan la Peyrade et ses habitants. Après quatre ans de travaux de dépollution menés par North Atlantic Energies (anciennement Esso S.A.F.), les 11 hectares du site ont été officiellement remis, ce mercredi 27 mai 2026, à la municipalité. La signature d’une convention par Olivier Laurent, adjoint au maire délégué à la prévention des risques et à la transition énergétique, et Pierre Grangette, responsable de Projets pour le Service Environnement de North Atlantic Energies, a formalisé la procédure. C’est une nouvelle page qui s’ouvre sur les projets de la Ville à la reconquête des friches industrielles.
Une étape majeure vient d’être franchie dans le projet de remédiation des anciennes friches industrielles où était implantée la raffinerie de La Mobil. Sur site, se sont réunis les nombreux acteurs et représentants impliqués dans ce projet : Michel Arrouy, maire de Frontignan la Peyrade et conseiller communautaire, entouré de Loïc Linares, président de Sète Agglopôle Méditerranée et conseiller municipal déléguée à la ville de demain, d’Olivier Laurent, adjoint au maire délégué à la prévention des risques et à la transition énergétique, de Frédéric Aloy, conseiller municipal délégué à l’urbanisme et à l’habitat et conseiller communautaire délégué, ainsi que Pierre Grangette, responsable de Projets pour le Service Environnement de North Atlantic Energies, Audrey Porchier-Reversat, directrice de projets Antea Group, Nicolas Etard, directeur travaux adjoint de Séché Eco Services, et les deux chargés de mission Risques naturels et technologiques de la Ville.
Retour sur quatre ans de chantier XXL
C’est un chantier hors norme qui s’est déroulé durant 4 ans sur l’ancien site de la raffinerie Mobil de Frontignan la Peyrade. Après 20 ans de procédure engagée par l’ancienne municipalité, la Ville avait obtenu de l’entreprise Esso S.A.F. une réhabilitation des 11 hectares du site exclusivement à sa charge, soit 60 millions d’euros comprenant les études et travaux.
La maîtrise d’œuvre a été confiée à Antea Group tandis que la réalisation des travaux a été menée par l’entreprise Séché Eco Services, œuvrant pour le compte d’Esso S.A.F. devenu North Atlantic Group en 2026.

D’août 2022 à mars 2026, 175 000 m³ de terre ont ainsi été excavés sur 1 à 4 m de profondeur dont 85 000 m³ évacués hors site pour un traitement en biocentre puis réemploi. Une tente gonflable unique au monde – de 120 m de long par 50 m de large et 16 m de haut et pesant 60 tonnes – a été spécialement conçue pour le chantier afin de limiter les émanations d’hydrocarbures et la diffusion des poussières permettant de minimiser au maximum les nuisances pour les riverains. Ce dôme gonflable a permis la dépollution des 11 hectares à travers 18 changements de position pour un quadrillage minutieux de la zone. 40 employés étaient sur site à plein temps et jusqu’à 70 au démarrage des travaux et en cas de pic d’activité.
Aujourd’hui, ce chantier de remédiation, l’un des plus importants d’Europe tant par sa taille que par sa complexité, est officiellement arrivé à son terme. Au printemps 2026, l’immense tente a été démontée, la base-vie du chantier démantelée, de même que l’unité de traitement des eaux et la tente conventionnelle utilisée pour le criblage et le stockage des terres.
Pierre Grangette, représentant de North Atlantic Energies, le confirme : « C’est le moment pour moi de signifier à tous l’engagement fort des équipes sur ce grand chantier. Je partage avec vous mon admiration face à la gestion exemplaire de tous les intervenants qui ont participé aux travaux en dépit de la complexité du chantier et des aléas rencontrés, notamment lors de la découverte d’une bombe de la Seconde Guerre mondiale. On n’a compté aucun accident majeur en quatre ans. Je souhaite également souligner qu’il s’agissait d’un projet en cœur de ville avec des habitations à proximité, aux abords du canal. Il y avait donc beaucoup d’enjeux et d’éléments particuliers à mettre en place afin de limiter les nuisances pour les riverains. D’où la conception de la plus grande tente au monde qui a représenté un vrai défi technique pour la déplacer près d’une vingtaine de fois sur le site et mener à bien les travaux de dépollution ».

Olivier Laurent, adjoint au maire délégué à la prévention des risques et à la transition énergétique, a également remercié les équipes du chantier pour la « qualité du travail effectué et toutes les précautions prises pour que les riverains soient le moins possible impactés par le bruit et les nuisances olfactives. »
La commune se voit de nouveau en possession de ce site emblématique dont elle est propriétaire pour penser et mettre en œuvre les futurs projets de développement urbain de Frontignan la Peyrade.
Quel avenir pour le site réhabilité ?
La rencontre de ce mercredi 27 mai revêt une portée symbolique puisqu’elle introduit une nouvelle étape dans le processus de réhabilitation du site : les terrains dépollués et restitués à la Ville de Frontignan la Peyrade vont à présent faire l’objet d’une étude menée par l’État afin de déterminer les activités et projets urbains qui y seront autorisés.
En outre, une réflexion est d’ores et déjà engagée sur le devenir de l’ancien bâtiment administratif de La Mobil pour en faire un espace dédié aux usagers de la gare et aux visiteurs. Témoin de la mémoire industrielle du site, ce lieu ainsi rénové abriterait un espace de restauration, un parc à vélo à proximité et diverses commodités.
Projet de Pôle d’Échanges Multimodal (PEM), zone de loisirs, espaces végétalisés, lieu de convivialité, cheminements de mobilités douces, les idées ne manquent pas pour transformer les anciennes friches industrielles en nouveaux lieux de vie, propices au développement économique et au bien-vivre des habitants. Michel Arrouy, maire de Frontignan la Peyrade et conseiller communautaire, détaille la démarche de la municipalité et le calendrier prévisionnel de l’aménagement de cette zone : « C’est un site exceptionnel. Voici 11 hectares appartenant à la Ville que nous souhaitons aménager de manière durable et raisonnée, en concertation avec les habitants. Nous voulons créer un quartier qui vive toute la journée, tourné vers la jeunesse, et ainsi, permettre à tous nos concitoyens de s’approprier cet espace public comme un vrai lieu de vie, à la fois source d’activités économiques, de qualité de vie au cœur de la ville et porteur de l’héritage du passé industriel de notre commune.
En termes de calendrier, le premier acte sera la création du pôle d’échanges multimodal avec le déplacement de la gare SNCF. Les travaux débuteront en 2028 ou 2029, selon l’obtention des autorisations. Viendra ensuite la réhabilitation de l’ancien bâtiment administratif de La Mobil comme un lieu de services pour les usagers du train. Il y aura aussi un parking à côté de la gare afin de fluidifier la circulation automobile à l’entrée de la ville et désengorger le plan du Bassin. Le budget du pôle d’échanges multimodal s’élève à 25 millions d’euros. Nous sommes toujours en discussion avec la SNCF pour privilégier un passage souterrain sous les rails de la future gare. Enfin, nous nous attellerons au tracé de cheminements piétons entre le site et le centre-ville. »
Loïc Linares, en qualité de président de Sète Agglopôle Méditerranée, conseiller municipal déléguée à la ville de demain, a tenu à souligner la ténacité de la municipalité pour procéder à la remédiation du site et les vertus d’un tel projet pour tout le bassin de Thau : « Aujourd’hui, c’est le lancement d’une nouvelle ère pour le bassin de Thau. Je remercie la Ville de Frontignan la Peyrade pour l’engagement dont elle a fait preuve sur ce dossier. C’est un site qui symbolise les transformations urbaines et sociétales en cours, celles où le législateur demande notamment à économiser les surfaces foncières. Les friches industrielles constituent un enjeu fondamental pour travailler sur une redynamisation territoriale et réinventer un modèle de développement pour la création de richesses. La volonté farouche de Frontignan la Peyrade dans ce projet engagé depuis 30 ans va bénéficier à l’ensemble du bassin de Thau. Un espace de cette qualité- là, à proximité de la plage et du centre-ville, est unique et précieux dans notre région, et certainement même, à l’échelle nationale. L’agglomération a pour mission d’accompagner l’installation des entreprises locales et de répondre à la demande exogène de grands groupes qui pourraient vouloir s’installer ici. C’est dans cette dynamique que l’on doit s’inscrire. Il en va de l’avenir de la ville et du bassin de Thau ».
