À l’issue du premier conseil communautaire qui a suivi l’élection municipale des 15 et 22 mars, Loïc Linares a été réélu à la présidence de Sète Agglopôle Méditerranée (SAM) avec une large majorité de 42 voix sur 50 conseillers communautaires votants (élus et maires des 14 communes de l’intercommunalité). Âgé de 49 ans, marié et père de deux enfants, Loïc Linares a construit son parcours professionnel dans les domaines de l’environnement et de l’économie maritime, de l’éducation populaire et de l’enseignement. Élu au conseil municipal de Frontignan la Peyrade depuis 2014, il est vice-président de Sète Agglopôle Méditerranée depuis 2020, avant d’en prendre la présidence en mai 2025. Depuis sa prise de fonction, il a porté une approche fondée sur l’équilibre territorial, la transparence et la recherche de consensus, avec l’ambition d’impulser un projet de territoire dynamique et durable au service des habitants du bassin de Thau. À la suite de son élection, il a tenu à remercier les élus pour leur confiance, soulignant « une volonté partagée d’unité, de clarté et de travail collectif ». Une confiance qu’il entend traduire en actions concrètes au service du territoire et de ses habitants. Au lendemain de sa réélection, le président de Sète Agglopôle Méditerranée a reçu la rédaction du magazine pour un entretien exclusif.
Vous êtes reconduit à la tête de la communauté d’agglomération dans un contexte de recomposition politique. Quelle méthode souhaitez-vous installer pour ce nouveau mandat ?
La responsabilité qui nous est confiée dans ce nouveau mandat s’inscrit dans un contexte de renouvellement politique, qui appelle à la fois de la clarté, de la méthode et un véritable sens de l’engagement.
La priorité est d’installer une gouvernance apaisée, solide et durable, fondée sur le respect de chaque commune et de chaque élu. Une intercommunalité comme Sète Agglopôle Méditerranée, qui rassemble plus de 130 000 habitants, ne peut fonctionner que dans la confiance, le dialogue et la transparence. Cela suppose de dépasser les logiques individuelles pour construire des équilibres collectifs au service du territoire.
La méthode que je souhaite porter repose sur une exigence claire : associer pleinement les communes aux décisions, garantir une visibilité sur les orientations prises et inscrire l’action publique dans le temps long. Nous devons sortir des logiques de court terme pour engager des projets structurants, utiles et partagés.
Cette gouvernance ne doit pas être seulement organisée, elle doit être incarnée. Elle implique de la présence, de l’écoute, de la constance, mais aussi la capacité à décider lorsque cela est nécessaire. C’est cet équilibre entre concertation et responsabilité qui permettra à l’Agglomération d’avancer.
Au fond, l’enjeu est simple : redonner de la lisibilité à l’action intercommunale, renforcer la cohésion entre les communes et créer les conditions d’une stabilité politique au service de l’intérêt général.
Le bassin de Thau fait face à des enjeux forts : attractivité, transition écologique, développement économique. Quelles sont, concrètement, vos priorités concrètes pour les années à venir ?
Le bassin de Thau est à un moment important de son développement. Notre responsabilité est d’accompagner son attractivité, sans laisser se rompre ses équilibres, et de préparer dès maintenant les transformations à venir.
La première priorité, c’est de conforter un modèle économique fidèle à l’identité du territoire tout en engageant une réindustrialisation adaptée à ses réalités. Il ne s’agit de s’appuyer sur nos friches, nos savoir-faire, notre position stratégique et notre économie maritime pour accueillir une activité productive plus sobre, plus innovante et plus créatrice d’emplois. En parallèle, nous devons continuer à soutenir nos filières historiques, qu’elles soient maritimes, touristiques ou agricoles, car le développement du territoire ne se fera qu’en lien avec ses ressources et son identité.
La deuxième priorité, c’est la transition écologique. Elle ne peut pas rester un principe général. Elle doit se traduire dans notre manière de gérer l’eau, de prévenir les risques, de protéger les milieux et d’adapter le territoire au changement climatique, sans le dénaturer.
Enfin, les mobilités et les équilibres territoriaux sont décisifs. Mieux relier nos communes, faciliter les déplacements du quotidien et veiller à un développement plus harmonieux entre les différentes parties du bassin de Thau, c’est une condition de la cohésion territoriale comme de la qualité de vie. L’enjeu, au fond, est simple : développer le territoire sans l’abîmer, créer de l’activité, préparer l’avenir et rester fidèle à ce qui fait sa singularité.
À la Ville, vous portez aussi des délégations tournées vers les projets d’avenir et la citoyenneté. Qu’est-ce que cela dit de votre vision pour le territoire ?
Les projets d’avenir, c’est la volonté de préparer le territoire avec du recul, de l’anticipation et une vraie cohérence dans le temps. La citoyenneté, c’est la conviction qu’on ne peut pas construire cette trajectoire sans les habitants.
Pour moi, l’action publique doit à la fois regarder loin et rester profondément ancrée dans l’écoute, le dialogue et le concret.

