Peintre, sculpteur, plasticien, ancien professeur d’arts plastiques au Lycée de la Mer, cet artiste protéiforme est issu d’une célèbre famille d’entrepreneurs frontignanais. S’il a grandi dans la cité phocéenne, il a posé il y a 40 ans ses pinceaux et autres couteaux dans la cité muscatière qu’il affectionne tant pour y développer un art bien à lui, définitivement ancré dans le paysage local. Aujourd’hui âgé de 70 ans, auréolé de nombreux succès populaires et autres distinctions, comme la médaille de la ville, il a su façonner sa carrière autour de la culture languedocienne, devenant une véritable institution artistique frontignanaise.
Né à Marseille en 1955, Jean-Louis Delorme se définit comme un enfant du Sud. « Tout ce qui est proche de la Méditerranée est également proche de mon coeur ».
Ses vacances, il les passe chez sa grand-mère, à Frontignan la Peyrade. « Mon grand-père était tonnelier et ma grand-mère a fondé le Nain gourmand. » L’incontournable magasin de bonbons que des générations de petits frontignanais ont fréquenté.
Son envie de créer, de s’exprimer à travers l’art, Jean-Louis a le sentiment de l’avoir toujours eu : « Je me rappelle par exemple qu’à trois ans déjà, je prenais des boules de terre que je modelais pour en faire des visages. »
Après des études de dessinateur industriel, il intègre l’école des beaux-arts d’Aix-en-Provence. Il part ensuite en Allemagne où il se frotte aux bons comme aux mauvais côtés du milieu artistique. « J’y ai fréquenté des gens passionnants mais j’ai aussi flirté avec les limites ». Usé, il vient se ressourcer au sein du cocon familial. « J’avais toujours voulu vivre à Frontignan et je me suis vite aperçu qu’il y avait beaucoup d’opportunités sur le plan culturel. »
Jean-Louis commence alors à s’inspirer de la culture locale pour ses oeuvres. Il développe son réseau, se diversifie, notamment en prenant part à la création du théâtre de la Maison Mathieu, ou en installant devant la capitainerie la sculpture d’un poisson de 4 m par 7 m fait de récup, aujourd’hui disparu.
Créateur de la crèche géante
En 1999, Jean-Louis, qui sculpte et peint déjà pour de nombreux clients et amis, a l’idée d’une crèche et ses santons languedociens grandeur nature. L’idée validée par la municipalité de l’époque, il ne manquait plus qu’un écrin pour accueillir le projet. « J’ai eu l’idée d’occuper une salle vouée à devenir une annexe de la bibliothèque municipale qui est aujourd’hui connue de tous les Frontignanais comme la salle Jean-Claude-Izzo ». Au mois de décembre, déjà aidé par l’association du Temps Jadis, il y installe sa première crèche de païs, avec 18 santons. Le succès est immédiat. Il ne s’est pas démenti depuis puisque la crèche géante estampillée Languedoc, qui a migré au sein de la chapelle Saint- Jacques, fête cette année sa 27e édition. Les personnages de plâtre sont désormais 59 et permettent à l’artiste et ses bénévoles de créer de nouvelles saynètes chaque saison. « Cette année on travaille autour du centenaire de l’école Anatole France et de l’amour. »
Jean-Louis Delorme est aussi, avec Maurice Nougaret, le fondateur des 4 saisons. En 25 ans, l’association qui réunit aujourd’hui plus de 70 peintres, céramistes, sculpteurs, photographes amateurs et professionnels… n’a pas changé de vocation : offrir aux artistes locaux la possibilité d’exposer quatre fois par an leur travail.
L’artiste est également connu pour ses sculptures et trophées dédiés aux sociétés de joutes de la région. Parmi ses oeuvres emblématiques : le pavois géant du rond-point du Barnier et la statue du jouteur au bord du canal, à Frontignan, ainsi que trois autres monuments répartis entre Sète et Balaruc-les-Bains.
Les projets
Les projets ? « J’ai pris ma retraite de prof il y a 3 ans, après 30 années d’enseignement. Aujourd’hui, je suis épanoui dans mon travail d’artiste. Je fais ce que j’aime et j’ai le temps de le faire. Je ne cours pas après les clients ou les galeries. C’est un luxe. » En outre, après la création d’un musée à Palavas-les-Flots ou encore d’un tableau monumental pour la chapelle des pénitents de Sète, Jean-Louis ne manque jamais d’idées : crèche géante à la salle de l’Aire, sculpture d’amoureux sur un banc public et, bientôt, réfection de la sculpture du Christ à Mireval… l’artiste frontignanais est demandé de toute part à travers le département.
Quant au mot de la fin, « j’invite tout le monde à venir me rencontrer au sein de mon atelier de la rue Victor- Anthérieu »

