FLP MAG #45 – Le portrait : Anne Besse, présidente de l’association Culture Avenir Tradition

De son amour pour les livres, elle en a fait son métier et sa vocation : ancienne journaliste et critique littéraire, Anne Besse oeuvre depuis plus de 20 ans au service du patrimoine et de la culture grâce à son action bénévole au sein de l’association Culture Avenir Tradition. Retour sur son parcours d’exception.

L’ancienne maison vigneronne a gardé son charme d’antan aux bons soins d’Anne Besse, propriétaire de la demeure, qui nous ouvre gentiment les portes de son chez-soi. Dans le garage, le sol accuse encore les stigmates des cuves où les grappes de raisin se pressaient avec les pieds. La bibliothèque renferme de précieux ouvrages aux reliures en cuir. Sur la table du salon, des bouquets de fleurs, qu’elle nomme « mon jardin fleuri », sont les témoins de son 84e anniversaire célébré la veille.

Lors de son départ à la retraite, l’ancienne journaliste responsable de la section littéraire referme la parenthèse de sa carrière à Paris au sein du journal Le Républicain Lorrain où elle aura collaboré avec de nombreux éditeurs, rédigé des critiques de livres pour la presse régionale et voyagé à l’international – Égypte, Pologne, Mali, Russie, Togo, etc. – en quête de nouveaux papiers au gré de ses visites dans les musées du monde. Ne reconnaissant plus la Nice de son enfance, elle emménage dans la cité muscatière avec son mari, retraité lui aussi, qui a travaillé pour Le Monde et créé en 1968, en parallèle, une revue littéraire de science-fiction. Un conseil d’ami et la ligne de chemin de fer les ont menés, en effet, jusqu’à Frontignan la Peyrade où ils sont tombés sous le charme de leur future maison dont le fronton affiche le monogramme AB, des mêmes initiales qu’Anne Besse, tel une invitation ou un clin d’oeil romanesque du destin.

Bercée par les livres

Enfant de parents restaurateurs partis ouvrir un établissement à Paris après la Seconde Guerre mondiale, c’est par sa grand-tante Louise, qui tenait Le Nain Bleu, plus grande librairie de Nice à l’époque, qu’Anne Besse plonge dans l’univers des mots tracés à l’encre noire. Encore aujourd’hui, lorsqu’elle pénètre dans une librairie, elle éprouve un attrait tout particulier pour ces « lieux sacrés, ou presque » imprégnés de l’odeur des livres reconnaissable entre mille. L’octogénaire aux yeux pétillants de malice partage aussi cette anecdote de jeunesse sur sa passion de la lecture : « Quand ma mère disait, allez, éteignez vos lumières ! à mon frère et moi, on lisait sous les draps en cachette à la lampe électrique. »

Passionnée de culture

L’arrivée d’Anne Besse à Frontignan la Peyrade n’a pas clos le grand chapitre de littérature et de culture qui a nourri son enfance et sa carrière. Bien au contraire. Elle s’implique rapidement dans l’association Culture Avenir Tradition dont elle devient la présidente, une fonction qu’elle occupe à présent depuis plus de vingt ans. Création de la stèle en hommage aux disparus lors du bombardement de la ville en 1945, restauration des capitelles dans la Gardiole, séjours culturels en lien avec les grands classiques de la littérature : l’association défend le patrimoine culturel occitan et provençal.

Anne Besse organise également la fête des Vendanges depuis quelques années, siège au conseil d’administration du Comité de jumelage de Frontignan/Gaeta et collabore avec Le Temps jadis pour parer les participants de costumes d’époque lors des différentes manifestations : « Mes petites-filles aussi étaient costumées pour la fête de la Mer. » Celle qui a reçu en 2023 le trophée décerné par la ville lors de la cérémonie en l’honneur des Frontignanaises et Lapeyradoises à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, a également fait partie du comité des sages de la commune. Une implication de tous les instants pour cette amoureuse des lettres qui a conservé un lien indéfectible avec ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Le point final n’est pas pour tout de suite !