FLP MAG #46 – Le portrait – Nikola Karabatic, ancien arrière gauche international de handball

Si le monde entier voit en lui le « GOAT » (le plus grand joueur de tous les temps) du handball, les Frontignanais et Lapeyradois, eux, voient d’abord l’enfant qui arpentait les travées du gymnase Henri-Ferrari avec son frère cadet et son père Branko. Alors qu’il vient de poser le ballon après une carrière incommensurable, Nikola Karabatic n’a jamais semblé aussi proche de ses racines héraultaises. Portrait d’un monument du sport qui n’a jamais oublié d’où il venait.

Pour Nikola, l’histoire avec Frontignan la Peyrade débute en 1992, lorsqu’âgé de 8 ans, sa famille s’y installe. Son père, Branko, figure charismatique et ancien gardien de but international de handball, intègre le service des sports en tant qu’éducateur et signe au Thau Handball (THB). C’est ici, entre étangs, Gardiole et Méditerranée, que le destin du jeune Karabatic se scelle. Ses premiers souvenirs de la cité muscatière ? « La plage », découverte avant l’emménagement, et qui, malgré un temps automnal maussade, « avait déjà conquis toute la famille ! ». Nikola se rappelle également « l’école Anatole-France, où papa était notre prof de sport, les repas avec maman le midi, puis, le collège Les Deux Pins, la salle de sports Alexandre-Soubrier, les escapades à vélo, en garrigue ou à Frontignan- Plage, avec mes deux meilleurs potes, Marc et Vincent, mais aussi les parties de foot ou de pêche à la crevette avec Luka, le club de tennis où je venais le voir s’entrainer …» Le sportif se souvient aussi « des entrainements, des coachs successifs, des potes du club et de notre équipe invincible… Frontignan, J’ai presque l’impression d’y être né ».

Sous la houlette d’un papa, à la fois mentor exigeant et bienveillant, il apprend les bases d’un sport qui deviendra sa vie. Accompagné de son petit frère, Luka, Nikola passe ses mercredis et ses week-ends au club. Pour les frères Karabatic, le handball « c’est bien plus qu’un sport. C’est la raison pour laquelle mon père et ma mère se sont rencontrés, puis sont partis vivre en France. C’est une passion commune qui nous a permis d’échanger, de créer, d’apprendre, de grandir… C’est un lien très fort qui nous a unis et qui nous unit toujours ».

À Frontignan la Peyrade, Nikola forge son caractère de compétiteur, mais aussi ce lien indéfectible avec un territoire qui l’a adopté et qu’il a adopté.

Un palmarès pour l’éternité

La suite appartient à la légende. Très vite, le talent du colosse dépasse les frontières du bassin de Thau. Nikola passe par Montpellier, l’Allemagne et l’Espagne, avant de conquérir le PSG. Le résumé de sa carrière donne le tournis : trois titres de champion olympique, quatre mondiaux, quatre européens, et trois Ligues des Champions. Individuellement, il est élu trois fois meilleur joueur du monde. Bref, il a tout gagné !

Le retour aux sources : transmettre pour l’avenir

L’heure de sa retraite sportive a sonné à l’été 2024, après une ultime épopée aux Jeux olympiques de Paris 2024. Aujourd’hui consultant sur BeIN SPORTS, Nikola vient de publier une autobiographie. Bandes dessinées, fonds de dotation, club business entrepreneur de padel, il mène également beaucoup de projets avec son frère. « Mais celui qui nous tient vraiment à coeur, c’est celui de créer une académie de handball sur Frontignan la Peyrade ». Leur ambition désormais tournée vers la transmission, c’est en effet ici que les « frangins » les plus titrés de l’histoire du sport français veulent écrire ce nouveau chapitre.

Car, si leurs famille et amis ont aujourd’hui déménagé, et malgré les paillettes des parquets des capitales européennes et le poids des médailles d’or, Nikola et Luka ne sont jamais restés bien loin de leur ville de coeur. « Grâce au handball ! » Lors d’une récente rencontre avec Monsieur le maire, Nikola l’a réaffirmé : « C’est là que tout a commencé pour nous. C’est donc naturellement qu’on a choisi d’y poursuivre l’aventure initiée par notre père avec ses stages. Ma plus belle récompense, ce n’est pas mon palmarès mais les enfants que j’ai pu inspirer. Il ne s’agit plus seulement de marquer des buts, mais de transmettre des valeurs – celles du sport, du travail et de la famille. »

Trente ans après ses premiers dribbles à Henri-Ferrari, le « Roi » Nikola s’apprête à offrir à sa ville un héritage à la mesure de sa légende : « Je suis fier d’être Frontignanais et j’espère que cette académie fera rayonner la ville au plan national et peut-être même international. » Pour Frontignan la Peyrade, c’est, quoi qu’il en soit une immense fierté de voir son enfant prodige revenir bâtir le futur là où il a appris à rêver en grand.