Eco-quartier des Pielles

Et la friche industrielle devint écoquartier

Imaginé dès 1996 et officiellement lancé en 2006, l’écoquartier des Pielles, symbole de la reconstruction la ville sur elle-même et de mixité sociale, accueillera sur 8 hectares des logements (collectifs et individuels), des équipements publics (dont la médiathèque Montaigne) et des commerces à proximité du centre-ville.

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Ce nouveau quartier, érigé sur le site de l’ancienne raffinerie de soufre, devient un véritable lien entre le centre-ville et les quartiers à l’est de la commune. Par ailleurs, l’écoquartier des Pielles pourra accueillir à terme plus de 1 500 personnes, sur 8 hectares. Finalement, ce sont environ 500 logements, harmonieusement intégrés dans le paysage actuel, qui verront le jour ; dont 20 à 30 % de logements sociaux (tous labellisés Bâtiment Basse Consommation – BBC).

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Le centre des finances publiques s’est installé aux Pielles

Conçu par l’architecte Pierre Tourre, dans un souci de confort thermique optimal été comme hiver et de grande sobriété énergétique, le quartier fournira des logements de qualité, mais aussi des équipements publics, notamment la médiathèque d’agglomération Montaigne, des bureaux, des commerces, des espaces de rencontre, des voies de liaison douces, avec notamment une piste cyclable, et du stationnement public. Un quartier vivant, où la mixité sociale et la qualité environnementale ont été posées comme principes de base. Un quartier propre, qui permet d’effacer une cicatrice industrielle et d’apporter une réponse aux besoins d’une commune qui accueille près de 500 nouveaux habitants chaque année.

Impulsée par la Ville, la création de la ZAC des Pielles, estimée à environ 16 millions d’euros, est portée financièrement par l’aménageur, la Société d’économie mixte (SEM) Hérault Aménagement. La Ville contribue à hauteur d’environ 5 M €, essentiellement sous forme d’apport foncier.

Un écoquartier engagé dans la labellisation

Lauréat du concours national Villa urbaine durable du Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA) du ministère de l’équipement, le futur écoquartier des Pielles est labellisé en novembre 2006 pour ses aspects énergétiques, avec notamment des solutions techniques novatrices permettant de garantir un confort thermique optimal des habitants,été comme hiver, en tenant compte des contraintes climatiques méditerranéennes.

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En 2009, lors de la conférence plan ville durable, le projet est de nouveau récompensé il reçoit le 1er prix du palmarès national écoquartier dans la catégorie « sobriété énergétique », pour sa réflexion très poussée sur le confort thermique d’été en climat méditerranéen.

Dans le prolongement de cette distinction, la Ville s’est engagée dans la démarche d’obtention du label national écoquartier en mars 2013. Démarche validée le 18 décembre 2014 par l’obtention du diplôme « Engagé dans la labellisation » remis à Loïc Linarès, conseiller municipal délégué au développement durable des mains de la ministre Sylvia Pinel en charge du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité.

De son côté, la médiathèque d’agglomération s’est vue attribuer trois éco-labels, pour sa conception environnementale et devient ainsi la première en France à cumuler une certification HQE® (Haute Qualité Environnementale), le label BBC (Bâtiment Basse Consommation) et être reconnue niveau Or par le Pôle BDM (Bâtiments Durables Méditerranéens).

Paysages et végétalisation

La trame paysagère du projet se superpose à la trame urbaine pour organiser le site et hiérarchiser les espaces. Une première trame structurante est représentée par les alignements d’arbres le long des voies. A ces voies se greffent directement des parkings toujours abondamment plantés. La voie principale nord-sud inter-quartier est doublée de noues paysagères larges et plantées. A la fois utiles et structurants, ces espaces permettent une respiration visuelle en dégageant la voie des bâtiments situés contre la voie ferrée.

Le deuxième élément d’importance, se superposant à cette trame primaire, prend naissance autour de la place et de la médiathèque, cœurs de la vie du quartier. Un axe piéton, parallèle à la voie principale nord-sud, fait le lien avec tous les espaces semi collectifs ouverts des intérieurs d’îlots. Une qualité de vie s’y développe, sans voiture et protégée des vents dominants.Le dernier élément de composition est bien la couture fine du projet avec l’habitat existant.

Jardins privés ou petits espaces verts de logements collectifs viennent faire le lien en douceur, sans frontalités brutales génératrices de conflits.

Les essences seront choisies parmi les sujets les mieux adaptés à l’environnement du site ainsi qu’au climat méditerranéen. La palette végétale varie suivant les espaces traités afin de décliner différentes ambiances paysagères et urbaines, le long des voies, dans les cœurs d’îlots ou encore sur la place. Les végétaux pour agrémenter les noues seront choisis parmi une gamme évoquant la végétation des étangs et des milieux d’eau douce.

Un quartier bâti sur une réelle concertation

Dans « Zone d’Aménagement Concerté », il y a « concerté ». Il faut bien reconnaître qu’à Frontignan la Peyrade la concertation fut fructueuse.

Outre le dossier comportant toutes les études préalables et la mise en œuvre d’un registre destiné à recevoir les observations du public, deux grandes réunions publiques ont été organisées. A cette occasion, près de 300 personnes ont été amenée à se prononcer une première fois en novembre 2005.

Les principales interrogations et remarques soulevées lors de cette première réunion ont porté sur l’exigence en matière de qualité du cadre de vie et d’économie, les facilités éventuelles d’accession à la propriété et les équipements publics prévus sur la zone. L’élaboration du projet s’est ensuite poursuivie en tenant compte des remarques et réflexions issues de ces échanges.

Ensuite, une seconde réunion de concertation s’est déroulée en mars 2006, réunissant environ 200 personnes. Les principales interrogations et remarques soulevées lors de ce second temps d’échange et d’écoute ont porté là encore sur l’accession à la propriété, la qualité architecturale, les équipements publics prévus, le plan de circulation et le cadre de vie.

Enfin, la Ville a également utilisé son site Internet pour informer la population de l’état d’avancement de la procédure de concertation pendant toute sa durée. Des phases de déconstruction au démarrage des travaux, et pour les accompagner au mieux, l’information et l’échange avec les riverains est privilégié. Ainsi, une réunion d’information sur l’organisation du chantier et le déroulement précis des travaux s’est tenue en novembre 2012, et courriers et sms permettent de les informer rapidement.

Le Soufre, une histoire industrielle frontignanaise

De 1888 à 1989, le quartier des Pielles a été le quartier du soufre d’une cité industrielle.

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Bourgade de la côte languedocienne déjà célèbre pour son muscat, mais encore fort modeste au sortir de la période révolutionnaire, Frontignan s’est singulièrement développée à partir de la fin du XIXe siècle, pour connaître une croissance exceptionnelle, soutenue par le dynamisme de ses usines.

Il y avait déjà la viticulture, les chais, les carrières et les salins ; il y aura la grande raffinerie de pétrole, mais aussi la Bordelaise de produits chimiques, les ciments Lafarge, Chambourcy puis Lactel. Mais aussi de nombreux sous-traitants, des cohortes d’ouvriers, du travail dans les rues, au canal, à la gare ; il y aura, en effet, du travail partout et, au quartier des Pielles, il y aura une raffinerie de soufre.

Construite en 1888, pour préparer le remède contre l’oïdium de la vigne, cette usine sera, à partir de 1914, portée par le souffle de la puissante société des Raffineries de Soufre Réunies, les RSR, leader de toute une profession. Elle fonctionnera, sans discontinuer, jusqu’en 1989.

Extrait du livre Le soufre 1888-1989, une histoire industrielle frontignanaise, de Jean-Michel Le Gourrierec, aux éditions Frontignan Patrimoine