Epicerie sociale et solidaire

Quand la Ville ré-invente l’aide alimentaire

C’est en 2013, à l’initiative de la Ville, du CCAS et de la Croix rouge, qu’une épicerie sociale et solidaire, aménagée en libre-service, a ouvert ses portes dans les locaux de l’espace solidaire Muhammad-Yunus. La Ville de Frontignan la Peyrade réinvente l’aide alimentaire sur le territoire de la commune, en proposant aux personnes en situation de précarité des denrées de qualité à moindre coût dans une véritable « supérette« , mais aussi un lieu d’accueil pour les écouter, les conseiller et soutenir leurs projets de vie.

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Au-delà du « coup de pouce » alimentaire qu’elle apporte, cette épicerie et la création dans le même temps du service développement social ont permis d’élargir les actions d’accompagnement, particulièrement avec les ateliers thématiques collectifs qui permettent aux bénéficiaires de retrouver confiance en eux et capacité d’agir, dans un climat convivial et bienveillant.

Près de 250 personnes bénéficient chaque mois de l’accès à l’épicerie sociale et solidaire.

Inaugurée le 7 septembre 2013, l’épicerie sociale et solidaire, vise à renouveler l’aide alimentaire qui ne sera plus distribuée, mais proposée en libre-service à des personnes qui n’ont financièrement pas les moyens de s’approvisionner correctement dans les réseaux de distribution classique.

C’est donc une véritable épicerie qui leur est proposée, avec ses rayons, sa caisse et un agent d’accueil, recruté par la Croix-rouge en Contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE). Les bénéficiaires peuvent ainsi choisir les produits qui les intéressent. Jusqu’à 12 kg de denrées par mois pour un adulte et 6 kg pour un enfant qu’ils paient 10 % de leur valeur moyenne.

Trouver des solutions et élaborer des projets de vie

Mais l’objectif est aussi de permettre de sortir de la précarité, en écoutant et en conseillant les bénéficiaires pour trouver des solutions à leurs difficultés et parvenir à élaborer des projets de vie.

Ainsi, la Ville a aussi recruté une conseillère en économie sociale et familiale (CESF) pour le Centre communal d’action sociale (CCAS), qui va les aider à mieux gérer leur budget et à régler au mieux leurs problèmes financiers.

De plus, des ateliers participatifs sont proposés autour d’activités comme la cuisine, la couture ou encore l’informatique, et les bénéficiaires s’engagent à respecter un règlement et une charte de principes, signée en outre par tous les partenaires et tous les bénévoles concernés, qui les invitent à s’inscrire personnellement dans un processus collectif d’accompagnement vers l’autonomie.

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Cette épicerie est donc un lieu entièrement dédié à la cohésion sociale, qui résulte d’un partenariat renforcé entre la Ville, le CCAS et la Croix-rouge, mais aussi le Secours populaire et le Pôle départemental de la solidarité (Conseil départemental de l’Hérault), qui ont élaboré ce projet, son organisation matérielle, ses modalités de fonctionnement et son financement. Le tout dans un esprit de complémentarité des actions menées au sein du centre Muhammad-Yunus.

Une procédure d’admission centralisée au CCAS

Concrètement, l’épicerie est ouverte trois après-midi par semaine et pour y avoir accès pendant 4 mois, il suffit de suivre une procédure d’admission centralisée au CCAS. Une commission d’attribution composée des représentants du CCAS, de la Croix-rouge, du Pôle départemental de la solidarité, de la Mission locale d’insertion (MLI) et de l’Unité territoriale d’action gérontologique (UTAG) se réunit tous les mois pour évaluer la situation de tous les types de publics concernés.

L’approvisionnement des denrées se fait à 80 % avec la Banque alimentaire, qui redistribue les surplus européens aux associations adhérentes moyennant une participation financière de 0,15 €/kg, mais aussi par des achats plus diversifiés et des collectes auprès des enseignes, des commerces, voire des producteurs locaux de produits alimentaires. Pour assurer l’approvisionnement, un véhicule frigorifique d’une valeur de 15 000 € a été acquis, grâce au soutien des commerçants qui ont financé son achat en payant pour y faire figurer leurs publicités.

Les bénévoles, clef de voûte de l’épicerie sociale et solidaire

Pour l’aménagement des locaux de l’épicerie, qui se compose d’un hall d’accueil avec des chaises, des tables et une machine à café, et du magasin d’alimentation lui-même avec sa réserve et tous ses équipements, la Ville a investi 7 000 €, dont 5 000 € de travaux de réhabilitation du lieu effectués en régie par les services techniques.

En plus de l’agent d’accueil et de la conseillère en économie sociale et familiale, le fonctionnement de l’épicerie nécessite l’engagement de bénévoles de la Croix-rouge française pour la collecte des produits alimentaires, leur stockage et leur mise en rayon, mais aussi pour la distribution et, plus généralement, pour l’entretien des locaux et toutes les activités qui entrent dans le cadre d’une logistique comprenant de nombreuses tâches de manutention.