Exposition : Gregogna L’Anartiste… Vous invite en Gregoslavie


La Ville de Frontignan la Peyrade rend hommage à l’artiste René-François Gregogna (1926-2011), pour l’ensemble de son œuvre et plus particulièrement à l’ancienne digue entre Sète et Frontignan la Peyrade.

Musée municipal, rue député Lucien-Salette.

Du mardi au samedi, jusqu’au 5/11, de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Vernissage le samedi 18 juin à 11h30.


QUI ÉTAIT RENÉ-FRANÇOIS GREGOGNA ?

René-François Gregogna est né le 2 mars 1926 à Hanoï, au Vietnam.

Il présente ses premières peintures juste après la deuxième Guerre mondiale, à Alès. À la fin des années 50, il déménage à Sète. Dix ans plus tard, son œuvre Déjeuner sur l’herbe est sous les projecteurs, attirant autant de critiques positives que négatives. Son exposition Plaider coupable marque son abandon de la peinture car l’artiste s’intéresse dorénavant aux collages et aux reliefs réalisés à l’aide d’éléments usés et récupérés dans les décharges.

À la fin des années 70 et jusqu’au milieu des années 80, René-François Gregogna commence une nouvelle phase artistique sur la réalisation d’œuvres sauvages et monumentales, notamment la digue située entre Sète et Frontignan la Peyrade, détruite en 1986.

En 1985 René-François Gregogna crée le mouvement VRAC (Volume Relief Action Couleur), qui fait écho à la FRAC (Fonds régionaux d’art contemporain). C’est également durant les années 80 que sa renommée devient internationale avec une exposition à Key West en Floride. Il participe aussi au Salon de la Figuration Critique au Grand Palais et organise à Pézenas une exposition collective autour de la figure de Picasso qui est reproduite à Paris.

René-François Gregogna était un artiste pluridisciplinaire infatigable qui a pratiqué toutes les techniques et médiums. Son œuvre reste inclassable.

Il est décédé à Sète le 17 janvier 2011.

**********************************************

« J’aime les cigarettes blondes, la bière rousse, les femmes brunes, le chocolat blanc, tirer la langue, le café noir, Devos, les scorpions, Pézenas, le fromage de chèvre, les fleurs, les ruisseaux, Léo Ferré, les innocents, la moutarde, le bruit, la Corse, la mayonnaise, l’Ardèche, les crapauds, Jean Ferrat, les intelligents…

Je déteste les intellectuels « profonds », les intellichiants, l’argent quand j’en manque, les lâches, les écoles, le Ministère de la Culture, le silence, les bulldozers qui ont mis mes fresques à l’eau, les rhumatismes de la phalangette. Mourir. »

René-François Gregogna

« Autodidacte certainement mais extrêmement conscient de l’époque et du déroulement de l’histoire de l’art, il se documentait sans cesse, lisait beaucoup, mais voulait absolument être exclu de ces circuits qui lui semblaient officiels. On l’a donc, par ignorance, associé à l’art brut ou à l’art singulier, mais sa position est bien autre. Il regardait aussi bien les Shadocks sur les premières télévisions en noir et blanc qu’il lisait Saint-John Perse. Sa curiosité était immense et grâce à une grande habileté manuelle et un œil aiguisé, il découvrit et utilisa un nombre infini de matériaux (laine, fil de fer, papier mâché, métal, pierre… tout). Il transformait tout littéralement de ses mains gigantesques en un monde dont lui seul avait les clés. Un monde de paysages enchanteurs peuplés de dictateurs ubuesques, de méchants militaires, d’imbéciles heureux et de créatures mythologiques»

René-François Gregogna ou le voyage dangereux

(Extrait d’un texte – témoignage d’Hervé Di Rosa, Séville, avril 2011)