Réaction de Pierre Bouldoire

J’ai lu avec attention l’article paru dans Midi Libre ce dimanche 3 février, dans lequel l’opposition au grand complet partage sa recette sécurité…. Et je constate malheureusement que le député n’est pas le seul à être hors sol ! Il ne suffit pas d’habiter à Frontignan la Peyrade et d’avoir un avis sur tout pour analyser le dossier avec tout le réalisme et le pragmatisme qu’il demande. Car nous parlons d’un sujet sérieux, la tranquillité des habitants de notre ville. Cette tranquillité, qui passe par la sécurité, ne peut qu’être le résultat de la collaboration de tous les acteurs, locaux et nationaux.

Ici, avant de faire appel à la machine, nous avons d’abord fait le choix de l’humain. Car si nous sommes conscients du besoin de police, nous savons aussi que rien ne remplace cette présence sur le terrain. Et nous nous en sommes donné les moyens. De 8 policiers municipaux en 2008, nous sommes passés à 21 aujourd’hui. Nous avons ouvert un bureau de police à La Peyrade, élargi les horaires de patrouille, créé une patrouille de nuit, armé nos agents… Avec de vrais résultats. Mais dans le même temps, l’État a supprimé des policiers nationaux et nous a délégué ses compétences en matière de code de la route. Ce n’est pas tenable.

Alors oui, devant un tel désengagement, au printemps 2017, nous avons décidé d’aller plus loin et de mettre en place la vidéosurveillance. Nous avons fait étudier le plan le plus pertinent pour notre territoire. L’entreprise a rendu son diagnostic : le cœur de ville, le centre de La Peyrade et les entrées/ sorties de ville ont été retenus, pour un budget global estimé à 500 000€… M. Prato a beau jeu de proposer ce que nous avons porté par 3 fois au vote du conseil municipal dont il fait partie.

Le déploiement est prévu en plusieurs phases, avec un premier investissement de 140 000€ en entrées/ sorties de ville, une priorité pour les spécialistes et conseillée par la police nationale. C’est la société Inéo qui est actuellement à l’œuvre pour une mise en fonctionnement en avril.

Mais les caméras ne font pas tout. Les coûts sont très élevés et leur efficacité reste difficile à prouver. Elles ne serviraient à résoudre qu’entre 1 et 3 % des affaires…Sortons de l’outil et des petites phrases faciles. Portons le débat à la hauteur qu’il mérite, ne jouons pas avec la peur et continuons à faire de l’espace public un lieu de vie. Dans le plus grand respect des citoyens, et du droit de tous à vivre tranquille.