Covid-19 : Alertes violences familiales

Promiscuité, tensions, anxiété, « burn out parental », le confinement constitue un terreau favorable aux violences familiales, dont un accroissement alarmant a été relevé ces derniers jours. C’est pourquoi, au-delà du maintien des dispositifs déjà existants, une série de mesures ont été mises en place afin de faciliter la prise en charge des victimes et des auteurs.

En cas d’urgence, victimes ou témoins de violences familiales sont invités à les signaler immédiatement via le numéro d’écoute national 3919, les services de police ou de gendarmerie, les pompiers, le Samu ou encore la plateforme du gouvernement de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles.

Mesures spécifiques durant le confinement

Les assistantes sociales du CCAS de Frontignan, mais aussi le Centre d’hébergement et de réinsertion sociale/CHRS Bouissonnade assurent une permanence téléphonique. De même que le Centre d’Information pour les Droits des femmes et des familles/CIDFF qui, selon les besoins, pourra orienter les appelantes vers une permanence juridique et/ou une permanence de soutien psychologique. Le Centre pour l’Initiative Citoyenne & l’Accès au(x) Droit(s) des Exclus/CICADE maintient également ses activités d’information juridique en droit international de la famille par téléphone. L’une des 5 Intervenantes sociales de l’Hérault est également placée au commissariat de Sète. Sa mission est d’écouter, conseiller et orienter les victimes de violences intrafamiliales. Elle est aussi chargée d’informer les victimes sur leur possibilité de saisir la justice, comme engager une procédure pénale ou civile après un dépôt de plainte, ou encore de les mettre en contact avec des associations d’aide aux victimes.

Les victimes de violences intra-familiales peuvent aussi se rendre dans la pharmacie la plus proche de leur domicile, qui alertera immédiatement les forces de l’ordre. Elles ont reç̧u consigne d’intervenir en urgence pour les appels provenant des pharmacies, pour une prise en charge rapide des victimes, dépôt de plainte, enquête judiciaire et recherche de solutions de mise à l’abri des victimes malgré le confinement.

Une signalétique à apposer sur les officines est actuellement mise au point afin de prévenir de l’existence de ce dispositif. Chaque victime qui souhaite avoir recours à ce dispositif peut prétendre sortir de son domicile pour aller faire des courses et remplir l’attestation en cochant la case correspondante.

Les victimes de violences conjugales et parentales peuvent également désormais donner l’alerte par SMS au 114, habituellement numéro d’urgence pour personnes sourdent et malentendantes. Ce dispositif permettra aux victimes de violences intrafamiliales d’alerter sans se faire entendre pendant le confinement. Les opérateurs derrière ce SMS d’urgence préviendront ensuite les forces de l’ordre en leur transmettant les coordonnées de la victime.

Enfin, face au risque de « burn out parental » notamment lorsqu’un enfant ou un bébé ne cesse de pleurer, il est conseillé de rompre l’isolement en joignant un proche ou quelqu’un de confiance, d’atténuer le sentiment de persécution par le bruit des pleurs en allumant la radio ou la télévision, de laisser l’enfant en sécurité dans son lit quitte à le laisser pleurer et de demander de l’aide par tous les moyens, y compris en contactant son médecin traitant, son pédiatre, ou en appelant le 15. Les référents parentaux en difficultés sont également invités à consulter le Guide en ligne des parents confinés : 50 astuces de pro.

Toujours concernant les difficultés que peuvent rencontrer des parents et enfants dans cette période, les médiatrices familiales de l’Association Les lieux du lien sont joignables par les moyens de communication à distance.

Maintien des dispositifs existants

Bien que fermées au public pour éviter la propagation du virus, les juridictions, continuent aussi à assurer le traitement des affaires de violences conjugales et intra-familiales. Ainsi, les audiences de comparutions immédiates sont maintenues afin de permettre la répression sans délai des conjoints violents et les juges aux affaires familiales continuent à assurer le prononcé des ordonnances de protection afin de garantir aux victimes une réponse rapide et efficace.

La plateforme de signalement des violences sexuelles et sexistes mise en place par le ministère de l’Intérieur reste pleinement opérationnelle, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et permet de dialoguer avec des forces de l’ordre formées, de manière anonyme et sécurisée.

Des permanences sont tenues dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour ceux qui seraient exposés à une situation de danger. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire peuvent être rendues par les magistrats.

A noter également, le maintien des droits et des interventions en matière de contraception et d’IVG, la pratique de consultation à distance et/ou l’organisation de téléconsultation avec des médecins et sages-femmes, la disponibilité des pilules contraceptives en pharmacie sans ordonnance et la continuité du numéro vert national tenu par le Planning Familial

Et aussi l’ouverture d’un numéro d’appel national pour l’écoute et l’orientation des auteur-e- s de violences (durant les mois d’avril et de mai) via une gestion de la FNACAV. Dans l’Hérault, le relais de permanence d’écoute locale possible reste aussi l’association Via voltaire.