L’aide alimentaire revisitée

La dernière collecte alimentaire de l’année de l’épicerie solidaire organisée les 10 et 11 mai a récolté plus d’1 tonne de marchandises. Créée en 2013, dans l’espace solidaire Muhammad-Yunus, cette véritable supérette en libre-service accueille à ce jour 270 personnes régulièrement.

La Ville de Frontignan la Peyrade a  su réinventer l’aide alimentaire sur son territoire municipal, en proposant aux personnes en situation de précarité des denrées de qualité à moindre coût dans une véritable supérette en libre-service. Elle s’adresse aux personnes qui n’ont financièrement pas les moyens de s’approvisionner correctement dans les réseaux de distribution classique. Plus qu’une épicerie, c’est aussi un lieu d’accueil et d’accompagnement vers l’autonomie, particulièrement avec les ateliers thématiques collectifs qui permettent de se remobiliser, retrouver l’estime de soi et élaborer des projets de vie.

Gérée par la Ville depuis 2017, elle résulte à l’origine d’un partenariat renforcé entre la Ville, le CCAS et la Croix-rouge, mais aussi le Secours populaire et le Pôle départemental de la solidarité du Conseil départemental de l’Hérault qui ont élaboré ce projet, son organisation matérielle, ses modalités de fonctionnement et son financement. Le tout dans un esprit de complémentarité des actions menées au sein de l’espace Muhammad-Yunus par la Ville comme les associations de solidarité.

L’épicerie solidaire propose de nombreux produits en libre-service : fruits et légumes frais, produits secs, produits laitiers, sucrés, boissons, produits d’entretien et d’hygiène, surgelés… Chaque famille a un montant de panier d’achat en fonction de sa composition. Les couples avec un enfant disposent de 25€ chaque mois, les personnes isolées de 12€. Les produits sont vendus à 10 % de leur valeur moyenne.

Agents du CCAS et bénévoles, animent le « petit magasin« , approvisonné par les achats effectués auprès de la Banque alimentaire chaque semaine et une ramasse quotidienne auprès d’Intermarché à Frontignan. En complément, l’épicerie reçoit ponctuellement des dons d’autres grandes surfaces, et procède à certains achats, notamment pour les produits manquants. En partenariat avec la Banque alimentaire, deux collectes sont menées chaque année, en novembre et avril, grâce à l’implication des bénévoles, dans les supermarchés de la commune.

Dans un processus collectif d’accompagnement vers l’autonomie, des ateliers participatifs (5 à 8 personnes) sont proposés de façon hebdomadaire, et mensuelle autour d’activités comme la cuisine, la couture ou encore l’informatique et se déroulent au sein de la cuisine collective de l’espace solidaire. Deux sont permanents : l’atelier cuisine d’escoubilles : la matinée est consacrée à la confection d’un repas, pris collectivement par la suite. Il s’agit d’un réel temps d’échange et de partage entre chaque personne. L’atelier vie de l’épicerie sociale, quant à lui propose un temps d’information sur le fonctionnement de l’espace solidaire, et ses activités. D’autres ateliers sont aussi organisés, selon les périodes de l’année, autour du système bancaire, et de la gestion budgétaire. Actuellement, le groupe participe à un nouveau projet avec l’équipe des Ziconofages, afin d’appréhender les métiers liés à l’audiovisuel. Au travers de quatre ateliers, des notions de cadrage, de photographie et de montage vidéo sont  abordées. L’idée étant de travailler sur sa propre image, et la confiance en soi. De nouveaux ateliers sont programmés pour le deuxième semestre 2019.